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Chemin épineux vers une démocratie au Soudan

Dr. Abdalmonem Elfadil

  La vraie démocratie était le rêve du peuple soudanais en mai 1964 et octobre 1985 et elle l’est encore grâce à la Révolution du Décembre 2019. Toutefois, à la fin de chaque révolution, le rêve des soudanais s’évapore pour de multiples raisons:

  Militairement, les putschs étouffaient toute tentative démocratique dans l’uf comme ça a été le cas en 1958, 1969 et 1989; sous prétexte de sauver le pays de l’impasse politique qui, au contraire, s’aggravait après chaque coup d’État sur le plan national aussi bien qu’international et régional.

Politiquement, les clivages qui marquaient la sphère politique la veille de chaque coup d’État attiraient les convoitises des militaires à orchestrer le putsch à l’aide, quelquefois, de politiciens eux-mêmes qui se plaindront si le coup d’État ne répond pas à leurs attentes ou n’est pas orchestré par leurs partis.

Socialement, la majorité des soudanais appartenaient à des chefs religieux ou politiques; d’autant plus que le racisme, le sectarisme et l’égoïsme régional et tribal constituaient de réelle entrave à forger une démocratie dont la conscience d’un peuple de ses droits et devoirs civils constitue une de ses conditions de réussite. 

Cependant, la jeune génération a complètement changé la donne actuellement. En fait, il y a une vraie conscience collective des intrigues politiques ou militaires de la part du peuple soudanais qui ne trahit pas.

En effet, le 30 juillet 2020 en pleine révolution, le peuple a imposé sa volonté en exigeant un vrai gouvernement civil par un autre soulèvement populaire imminent, ce qui a semé la confusion de la junte militaire qui a accepté de négocier et signer l’Acte constitutionnel.

En guise de conclusion, les militaires aussi bien que les civils devraient respecter les conditions requises aboutissant à  une vraie démocratie. Les militaires doivent veiller à l’application de la démocratie et à la constitution d’un établissement militaire respectif et respectable  appartenant plutôt l’État qu’à un parti ou à une idéologie quelconque.

Quant aux partis politiques, ils doivent d’abord exercer cette démocratie au sein de leurs partis respectifs mais aussi veiller à mettre les intérêts du Soudan au premier plan.

Concernant le peuple soudanais, il devrait demeurer comme un antidote contre toute tentative visant à avorter la démocratie en s’inspirant du peuple birman qui résiste farouchement contre la junte militaire qui n’attendait pas une telle résistance.

Dr. Abdalmonem Elfadil peut être contactée par son courrier officiel (www.abdalmoneimalfadil@gmail.com)

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