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Le Soudan, vers une armée nationale et professionnelle

    Dr. Abdalmonem Elfadil

L’appel croissant de réformer l’armée ne cesse d’augmenter. En effet, pendant la révolution du Décembre, les manifestants scandaient : “l’armée est pour le Soudan; l’armée n’appartient pas aux KAISANS”*. En outre, l’accord de la paix signé à Juba préconise l’élaboration d’une armée dotée d’une doctrine plutôt nationale que partisane.

Ainsi, le congrès américain a ratifié une loi sur la Transition Démocratique et la Transparence Financière de 2020 pour concrétiser les objectifs de la période de transition dont la réforme de l’armée. Il faut noter que  l’ONU a, à cet égard, envoyé une mission politique.

          En fait, il est primordial de réformer l’armée pour mettre fin aux ingérences des partis politiques au sein d’elle et donc contrer toutes tentatives futuristes de putschs. Cependant, avant de réformer les forces armées, il faut que  les  soudanais et surtout les élites changent leur perception vis-à-vis aux rôles de l’armée proprement dite et mettre l’armée et la patrie à l’abri de leur règlement de comptes politiques.

En effet, tous les coups d’État : 1964, 1969, et 1989 avaient pour incubation une force civile de forme différente: politique et/ou oligarchique/théologique, ce qui met l’armée et l’incubation dans le même pied d’égalité en matière d’accusation d’avorter les tentatives démocratiques au Soudan depuis l’indépendance. Alors, une réforme de l’armée implique bel et bien une réforme des partis politique !

En quête de cette fin réformiste, le gouvernement doit prendre en considération la différence entre une aide et une ingérence portant atteinte à la souveraineté nationale.

* KAISAN est un surnom attribué aux partisans de l’incubation idéologique du régime d’Albashir.

Dr. Abdalmonem Elfadil peut être contactée par son courrier officiel (abdalmoneimalfadil@gmail.com)

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